Etat de santé et de résilience de la biodiversité en Ile-de-France

5 01 2012

Quel est l’état de santé et de résilience de la biodiversité en Ile-de-France ?

Alors que la population d’oiseaux décline dans la région fortement urbanisée et soumise à des pratiques agricoles intensives, Natureparif souligne le rôle bénéfique des jardins limitant les intrants pour préserver et accueillir la biodiversité.

[…]

Effet de l’urbanisation et des pratiques agricoles

Autre constat : il est « souvent difficile » pour toute la biodiversité francilienne de  »s’approprier » le milieu urbain, corrobore l’agence. D’autant que l’urbanisation limite les interactions entre les espèces pourtant indispensables à leur survie comme  »le contrôle exercé » par les espèces parasites (la guêpe Microgaster) sur les populations de Piérides (un papillon blanc). En témoigne en effet la diminution du parasitisme de la Piéride du chou en ville, relève Natureparif. Ce taux de parasitisme variant de « 90% à quelques pourcents » à mesure que le taux d’urbanisation augmente autour de chaque jardin où ont été observées les espèces.

L’éclairage urbain a également des effets  »contrastés » sur les chiroptères, indique l’agence. Ainsi, la Pipistrelle commune, « de loin la plus abondante » des chauves-souris d’Île-de-France se trouve significativement favorisée par un éclairage à lumière blanche. A contrario, la Sérotine commune,  »quarante fois moins abondante » marque « une aversion statistiquement significative pour tout type d’éclairage artificiel lorsqu’on analyse en détail ces variations d’abondance ». Si certaines espèces se révèlent donc lucifuges, d’autres ne sont nullement gênées par les éclairages. « D’autre part, on constate que l’attractivité exercée sur les insectes varie : elle est plus élevée avec les éclairages à lumière blanche qu’avec ceux à lumière orange », ajoute l’étude.

L’agence souligne aussi les impacts des pratiques forestières et agricoles sur les chauves-souris. Celles-ci  »se développent mieux » dans les boisements constitués d’arbres anciens (quatre fois plus de Noctules de Leisler dans les boisements avec des arbres de plus de 50 cm de diamètre) et sur les parcelles agricoles séparées physiquement par des haies (deux fois plus d’individus).

Les milieux agricoles et forestiers franciliens se montrent également  »moins accueillants » pour les oiseaux où plus de la moitié des espèces menacées le sont dans ces deux types de milieux à l’échelle de la région contre « une sur cinq au niveau national ». Idem pour les végétaux de la région en particulier les espèces messicoles (liées aux cultures).

Les jardins zéro pesticide,  »oasis » de biodiversité

En revanche, les jardins, situés même au cœur des villes franciliennes, restent de véritables « espaces de nature ». Certaines pratiques de jardinage « peuvent très fortement favoriser la vie sauvage, voire même contrebalancer l’effet de l’urbanisation ». A condition de  »réduire drastiquement, voire stopper les traitements » chimiques ! prévient l’agence. Les analyses démontrent que les effectifs de papillons et la diversité en espèces d’escargots baissent dès lors qu’il y a usage de pesticides. Les papillons étant impactés par ces substances au stade larvaire puisque les chenilles consomment les plantes et les escargots  »au titre d’herbivores, bien qu’ils ne le soient pas tous », explique-t-elle.

Réserver une zone non jardinée ( »mauvaises herbes », friches…) et privilégier les plantes nectarifères dans ces mêmes jardins permet aussi de rendre ces espaces de nature  »encore plus accueillants pour la biodiversité ». Plus de la moitié des espèces de papillons du jardin (la petite tortue, le tabac d’Espagne, le silène, le brun des pélargoniums, le procris, le paon du jour..) verrait en effet  »leurs effectifs augmenter lorsque l’offre en nectar est élevée !  », selon l’agence.

Cette étude  »démontre donc que la biodiversité francilienne n’échappe pas à l’érosion observée au niveau national et met en lumière l’importance de changer notre rapport à la biodiversité et nos pratiques : plus de laisser faire, pour favoriser la résilience et encourager le développement du vivant ! »[…] »

Source:

http://www.actu-environnement.com/ae/news/bilan-biodiversite-ile-de-france-natureparif-14516.php4#xtor=EPR-1

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